
La Tache aveugle, éditions Actes Sud.
Emmelene Landon avait présenté en 2004 Tour du monde en porte conteneur, lors de la 5ème Biennale du carnet de voyage.
L’histoire : Trois soeurs – Fanny, Susannah, et Diotime qu’un tragique événement a rendu aveugle – fréquentent à Paris l’Ecole des Beaux-Arts. Ce qu’elles aiment par-dessus tout, c’est peindre, mais la peinture, de nos jours, est jugée obsolète. Alors les voici qui s’évadent. Par jeu, elles se choisissent d’autres professeurs : Alexander Cozens, inventeur d’une célèbre méthode d’apprentissage de la peinture paysagère par taches, et son fils, John Robert Cozens, peintre lui aussi, avec qui elles s’improvisent des amours dignes du XVIIIe siècle anglais et de la tradition du Grand Tour. Voyageant par l’esprit, elles conjuguent érotisme, création et liberté, suivant l’exemple de leur tante George, qui régulièrement navigue entre l’Europe et l’Australie. Le réel et l’imaginaire échangent ici leurs propriétés, suggérant d’autres chemins d’écriture, d’autres désirs de beauté : une manière atypique d’insuffler aux Temps modernes un puissant courant de vie intérieure.
« Dès les premières lignes, un saisissement. Des sensations qui surgissent au goutte-à-goutte. Comme si la langue d’Emmelene Landon, si précise, si pure, appelait les paupières du lecteur à se fermer, la respiration à se faire plus profonde et plus régulière, le temps à ralentir. Les détails et les lignes de la description semblent recouverts d’une pellicule homogène et glacée. La réalité est invalide. La perception est soudain détournée, reformulée, et redessinée. On dirait un rêve. Un rêve aveugle avec la peinture pour destination. » Nils C. Ahl, Le Monde des livres, 12 février 2010.
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